La poésie voyage

 

La poésie a depuis toujours été le lien reliant l’homme à son image. Une voix qui s’échappe de l’être dépassant les frontières et le temps. La Poésie Voyage a pour but de partager avec vous l’amour des mots, la magie du verge, l’aventure vers des horizons enchanteurs.
Un poème ou un texte poétique vous sera offert périodiquement.

Lynne Dunn

 

Syracuse

J’aimerais tant voir Syracuse
L’île de Pâques et Kairouan
Et les grands oiseaux qui s’amusent
À glisser l’aile sous le vent

Voir les jardins de Babylone
Et le palais du Grand Lama
Rêver des amants de Vérone
Au sommet du Fuji Yama

Voir le pays du matin calme
Aller pêcher le cormoran
Et m’enivrer de vin de palme
En écoutant chanter le vent

Avant que ma jeunesse s’use
Et que mes printemps soient partis
J’aimerais tant voir Syracuse
Pour m’en souvenir à Paris

~~Bernard Dimey~~

 

 

Les îles

Au large, dans l’attrait d’un fier isolement,
Apparaissent les îles
Ou parfois en rêveur, en chasseur, en amant
À la sourdine on file.

N’importe ou l’on aborde, avidement on fait
Le tour de son royaume,
Et la tente, sitôt dressée, est un palais
Que l’atmosphère embaume.

On se trouve lié d’instinct aux voyageurs
De tout bateau qui passe.
On a de l’intérêt pour les hérons guetteurs
Grimpés sur leurs échasses.

On muse sur la grève, on fauche pour son lit
Les rouges salicaires
Par quoi l’île transforme en élégants replis
Marais et fondrières.

L’éloignement du monde infuse dans l’air pur
Un subtil aromate.
On écoute en son cœur, près de l’eau, sous l’azur
Chanter une sonate.

On s’en revient les yeux fixés là-bas, et tel
Qu’aux jours de sa bohème,
Heureux d’avoir été, dans le calme archipel,
Splendidement soi-même.

~~Alphonse Beauregard~~

 

 

Le Chant des voyageurs

À nous les bois et leurs mystères,
Qui pour nous n’ont plus de secrets !
À nous le fleuve aux ondes claires
Où de reflète la forêt,
À nous l’existence sauvage
Pleine d’attrait et de douleurs !
À nous les sapins dont l’ombrage,
Nous rafraîchit dans nos labeurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous sommes trente voyageurs


Bravant la foudre et les tempêtes
Avec leur aspect solennel,
Qu’ils sont beaux ces pins dont les têtes
Semblent les colonnes du ciel !
Lorsque privés de leur feuillage
Ils tombent sous nos coups vainqueurs,
On dirait que dans le nuage
L’esprit des bois verse des pleurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous somme trente voyageurs.

~Octave Crémazie~

 

 

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