UN PEU D’HISTOIRE....

En plein cœur des Cantons de l’Est, Sherbrooke fut découverte par les Amérindiens de l’Amérique du Nord, qui en exploitèrent son réseau hydrographique. Les Abénaquis l’appelaient Kitinekelolewac, c’est-à-dire Les Grandes Fourches. Ils s’y étaient installés un siècle avant le développement de la ville.

Selon l’historienne Andrée Désilets, dont la Société d’histoire de Sherbrooke a publié le documentaire Sherbrooke 1802-2002 – Deux siècles d’histoire-, la fondation de Sherbrooke est associée à l’histoire des États- Unis, plus particulièrement à la Guerre de l’Indépendance, alors que par fidélité à l’Empire britannique, bon nombre de Loyalistes traversèrent le frontière pour s’installer en terre canadienne. Ils furent suivis par des Américains, désireux de trouver terres vierges été fertiles.

En 1801, Gilbert Hyatt et ses associés y construisent un moulin à farine et une scierie sur les gorges de la rivière Magog. La force motrice qui en découle favorise rapidement l’expansion de la ville qui prend son anthroponyme en 1818 dans la foulée des réalisations de Sir John Coape Sherbrooke, un émigré américain, gouverneur général du Canada de 1816 à 1818.

En 1850, au moment où s’allongent les voies ferrées, la vocation de Sherbrooke prend un nouvel essor : la ville d’eaux –avec ses rivières et ses lacs- communique désormais par terre.
Mais auparavant, Sherbrooke s’était déjà doté de son palais de justice, de sa prison, d’une chapelle anglicane, d’institutions scolaires, leur presse locale On y dénombre 3 000 habitants de diverses origines ethniques.
Sherbrooke devient donc officiellement une ville en 1852.

Pendant environ un siècle, l’économie se base sur les industries du textile, de l’alimentation et de la mécanique : la Paton, la Dominion Textile, la Kayser, la Walter Blue...
L’électricité fait son apparition vers la fin du 19e siècle, alimentant les industries qui ne comptent plus uniquement sur les courants d’eau.
Comme Montréal, on y trouvera les « petits chars », ceux de la Sherbrooke Street Railway. Mais ils doivent contourner les nombreuses côtes de la municipalité....
Commerces de gros et de détails s’installent dans la rue Wellington, au centre-ville.

Au début du 20e siècle, Sherbrooke compte maintenant 16 000 âmes. Les Irlandais y abondent, à cause principalement des crises agricoles de l’Irlande. Ils oeuvrent aux côtés des Canadiens-français dans une société toujours dominée par la bourgeoisie anglaise.
Au niveau de la presse écrite, le Sherbrooke Daily Record (1895) et La Tribune (1910) feront histoire.

La vie religieuse, de même que l’éducation devient de plus en plus accessible aux francophones grâce, comme dans beaucoup de régions québécoises aux Sœurs de la Congrégation Notre-Dame et aux Frères du Sacré Cœur.

Au niveau intellectuel, l’Union musicale, les hommes de lettres et d’arts Alfred Desrochers, Maurice O’Brady, Paul-Émile Fortier marqueront l’histoire d’une pierre blanche.

La Première Guerre mondiale (1914-1918) favorise les usines sherbrookoises mais enlève des vies de nos soldats. Cette conscription entraîne de plus des violences entre anglais et canadiens de souche française. Et là comme ailleurs, la grippe espagnole tue.
Puis tout se met à mal aller dans l’industrie d’après-guerre. Tant qu’en 1937, dans le but de stimuler l’économie, on célèbre son centenaire... en 1937 ! C’est la foire. Aussi l’année de l’entrée en ondes de la radio de CHLT.

Contre tout espoir, la Deuxième Guerre mondiale (1939-45) ne va pas relever l’économie de Sherbrooke : seules les industries de guerre fonctionnent à souhait.

À compter de la deuxième moitié du siècle dernier, Sherbrooke prend un autre virage, devenant une ville de services, souscrivant davantage à l’avancement de la société québécoise.
Son université (1954), sa télévision (CHLT- 1956) la revitalisation du centre-ville, sa magnifique salle de spectacles Le Granada (salle de cinéma rénovée), son Centre d’interprétation de l’histoire, le Musée des Beaux-Arts, le Musée de la Nature et des Sciences tous des endroits que nous visiterons dans le cadre de cet hommage à Sherbrooke.

Des photos de Françoise Lemoyne

 

 

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