LE TORO,
SON HISTOIRE,
SON UTILITÉ,
SES LÉGENDES

Le Lac Taureau, fer de lance du tourisme en Lanaudière, n’est pas vraiment un lac, plutôt un réservoir. Né pour un besoin d’électricité. Grâce à des historiens, dont Gilles Rivest qui a publié quelques ouvrages sur la région de Saint-Michel-des-Saints, expliquons pourquoi et comment cette réalisation fut rendue possible.

Au début du siècle, en Mauricie, des entreprises se lancent dans la production de pâtes et papiers. Le bois est disponible en grande quantité via la rivière Saint-Maurice et son principal affluent, la rivière Matawin. La construction de centrales électriques fournira l’énergie nécessaire à cette production. Et, au Québec, qui dit électricité dit eau.

Ainsi, afin d’alimenter les centrales d’un débit constant, on équipe le bassin hydrographique du Saint-Maurice d’une série de réservoirs artificiels : le Gouin, la Tranche, le Rapide Blanc (d’où la célèbre chanson), le TORO. Ce dernier, sera terminé en 1931, suite à trois années de travaux. Mais qui dit barrage, dit inondation.

Pour la réalisation du TORO (nom donné à un rapide en raison de la force de son courant par les voyageurs qui voulaient le traverser en canot) , il aura fallu déménager plus de 125 milles, en grande partie du village de Saint-Ignace-du-Lac et de la campagne environnante. Les terres près du barrage appartenant à la Shawinigan Water & Power, elle acheta les autres pour les revendre à la Commission des eaux courantes, laquelle allait de concert avec le projet.

La population s’exila en province, 30% demeurant toutefois dans la région, bon nombre allant tenter leur chance en Abitibi-Témiscamingue.
Les sépultures du cimetière furent transportées à celui de Saint-Michel, l’église démontée et reconstruite à Saint-Michel-des-Forges. Pourtant, vous savez ce que raconte la légende…?

- Qu’au printemps, alors que le réservoir se remplit, on peut apercevoir le clocher de l’église dépassant des eaux. Pourtant elle était construite sur une colline devenue aujourd’hui l’Île du Village, dans le Lac Taureau.

Vrai de vrai, la semaine dernière (article écrit le 14 juillet 2004), un confrère journaliste et un directeur de rédaction discutaient de la possibilité que, en plongée, on puisse apercevoir le dit clocher!!!
À ce compte-là, aussi bien croire en une autre et plus savoureuse légende :
»À l’endroit où passait la rue principale , en étant très attentif, on peut encore entendre, dans le vent, le son derniers tintements des cloches de Saint-Ignace. »

Le barrage Toro mesure 2 400 pieds de long, 65 pieds de haut et 300 de largeur. Ses portes régulatrices mesurent 78 pieds de haut et peuvent supporter une poussée de 24 000 livres au pouce carré.

Au printemps 1931, lorsque le Toro s’est fermé une première fois, les eaux s’élevèrent pour créer le réservoir Taureau. Ou si vous voulez, le Lac Taureau.

Pierre LUC

 

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