LA GASPÉSIE GOURMANDE

Texte et photos :Chantal Beauregard

La Gaspésie a depuis longtemps été une destination de vacances de premier choix autant pour les Québécois que pour les visiteurs étrangers. On y trouve des paysages grandioses de mers et de montagnes, des panoramas à vous laisser bouche bée, des petits villages coquets blottis dans des anses à l’abri des vents, une population accueillante fière de son histoire et toute une panoplie d’infrastructures touristiques pour répondre aux plus exigeants.

Au cours des dernières années, la gastronomie locale s’est ajoutée aux attraits déjà existants. L’association Gaspésie Gourmande qui regroupe une centaine de membres s’est donnée pour mission de promouvoir, soutenir et développer la mise en marché des producteurs et transformateurs des produits marins et agricoles avec l’appui des aubergistes, épiciers, hôteliers, restaurateurs, propriétaires de gîtes et de boutiques spécialisées.

À leur invitation et à celle de l’association touristique de la région, nous sommes partis, un petit groupe, à la découverte des trésors du terroir et à la rencontre d’artisans passionnés. Voici un bref survol de ce voyage ponctué de coups de cœur à retenir.

La ferme R. Bourdages et Fils

Arrivés à Carleton-sur-Mer à bord du train Le Chaleur de Via Rail, nos hôtes nous ont tout d’abord conduit à Saint-Siméon à la Ferme R. Bourdages et Fils Inc. Cette entreprise familiale composée de Roger, Colette et Pierre, existe depuis sept générations et se consacre présentement à l’élevage bovin et à la culture maraîchère et fruitière. On peut trouver une partie de leur production de tartes et pâtés de toutes sortes ainsi que leurs confitures et relish dans toute la péninsule gaspésienne et jusqu’au Marché des saveurs (Montréal) et au marché du Vieux-Port (Québec). Des produits nouveaux cette année : des boissons alcoolisées fabriquées à partir de fraises cultivées sur la ferme, le Julia, 11% d’alcool, le François, de type porto à 16% d’alcool et l’Alexis, type porto à 17,2% d’alcool. Il y a de quoi sourire.
Courriel : ferme.rbourdagesfils@globetrotter.net

 

Le Site historique du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac

Nous aurions pu passer une journée entière sur ce site historique comprenant 11 bâtiments retraçant l’époque où les Robin et Le Boutillier avaient fait de Paspébiac une capitale de la pêche. Des animateurs illustrent différentes périodes de l’histoire de la transformation de la morue tandis que d’autres font la démonstration des métiers reliés au commerce maritime incluant la construction de navires par des charpentiers, forgerons et tonneliers. (Sur la photo, on voit Marie-Josée Le Brasseur indiquant un tonneau dans lequel la morue était transportée). Au restaurant du site, le 1766, on sert une excellente bouillabaisse à la façon gaspésienne, c.à.d. un mets plus liquide que solide, ressemblant davantage à un potage, comprenant des pièces de poissons, saumon, morue, pétoncles, crevettes, pommes de terre avec de l’ail, du safran et de l’anis étoilé.
Site Internet : www.paspebiac.com

 

Rock Lelièvre et une belle prise!

L’usine de transformation Lelièvre, Lelièvre & Lemoignan à Sainte-Thérèse-de-Gaspé est en même temps un économusée et une usine de transformation de poissons qui emploie une quarantaine de personnes de mai à octobre et qui dessert principalement les marchés européens et américains. Rock Lelièvre nous explique les différents procédés pour le hareng, la plie, le flétan ou le turbot qu’il achète localement ou à l’étranger. Cependant il s’attarde sur la description du processus de salage, égouttage et séchage de la morue qui lui parvient de l’Alaska au printemps, les quotas et règlements étant très stricts en Gaspésie à l’égard de la pêche de cette denrée rare.
lelem@globetrotter.qc.ca

 

Un festin mémorable – un site grandiose!

Face au Rocher Percé et à l’Ile Bonaventure se trouve l’un des meilleurs restaurants de l’endroit, La Maison du Pêcheur, propriété de Georges Mamelonet depuis 1985, également maire de Percé. Plongeur aguerri, ses viviers à homard sous l’eau lui donnent une longueur d’avance en approvisionnement et en récolte d’algues fraîches, persil de mer et oursins. Les ailes de raie aux câpres fondaient dans la bouche et les pétoncles en robe de Neptune et leur récif d’herbes salées avaient gagné le deuxième prix au Concours Gourmand 2006 présidé par Anne Desjardins (L’Eau à la bouche) et Normand Laprise (Toqué)
pecheur@globetrotter.net

 

Les jardins de Mireille et Aline

Les bio-jardins Rocher-Percé à Val d’Espoir sont une coopérative à volets multiples comprenant une vocation agricole et éducative ainsi qu’un centre d’interprétation. Créée il y a sept ans, la coop voulait d’abord et avant tout revitaliser des terres agricoles abandonnées, faire pousser des produits maraîchers biologiques et y apporter une valeur ajoutée en les transformant. Les jardins produisent 40 variétés de légumes, du miel de fleurs, 250 variétés de plantes et arbustes et 100 variétés de plantes médicinales. En 2005, 9000 unités de produits transformés alimentaires, composées principalement d’herbes salées, de confitures de fraises et de marinades diverses, ont été distribuées dans près de 70 points de vente entre Rocher-Percé et Montréal. On visite les jardins de mai à octobre et l’on salue bien bas les deux grandes dames à la barre de ce rêve devenu réalité, Mireille Crépeau et Aline Hébert.
www.biojardins.com

 

La Ferme CHIMO

Hélène Morin et son conjoint Bernard Major sont propriétaires de la ferme Chimo dans le petit village de Douglastown, à mi-chemin entre Gaspé et Percé. Un troupeau de 100 chèvres et 3 boucs leur ont donné 75 000 litres de lait transformé en 2005 pour produire une large gamme de fromages de fabrication artisanale distribués partout à travers le Québec par Plaisirs Gourmet. L’utilisation de la viande de leurs chevrettes leur a mérité des premiers prix au Concours Gourmand 2006. Le panorama vu de leur maison --des vallons et des côtes à l’infini--, à lui seul mérite le détour. www.fromagesduquebec.qc.ca/chimo

 

Le Brise-Bise à Gaspé

Les cuistots J-F Gauthier, Isabelle Côté et Éric Carrier nous ont reçus avec le sourire le soir de notre visite au Brise-Bise. Installé directement sur la Baie de Gaspé, le Resto-Bistro Le Brise-Bise peut accueillir 150 clients à l’intérieur et 120 sur la terrasse. La propriétaire, Claudine Roy, tient à offrir une cuisine simple avec des produits de qualité du terroir et garder ainsi des prix abordables (table d’hôte le soir de 15 à 30$). Au menu, on retrouve les incontournables, homard, morue, bouillabaisse, et aussi clubs sandwiches au crabe ou aux crevettes et saumon fumé (sans blague!). Claudine Roy est très active dans son milieu et apporte beaucoup de soins au recrutement et à la rétention de son personnel. Une petite scène près du bar au rez-de-chaussée reçoit régulièrement des musiciens en tournée tandis que les murs sont vêtus d’œuvres d’art d’artistes québécois. Gaspé est une ville carrefour très dynamique avec un aéroport et un centre d’affaires actif à l’année longue. www.brisebise.ca

 

Le Bois de Velours de Rivière-au-Renard

Gaétan Boulay (photo) est le propriétaire d’un troupeau de 150 cerfs rouges (wapiti est le nom amérindien) qui lui fournissent les bois qu’il utilise pour produire le supplément naturel nommé Bois de velours utilisé depuis plus de 2000 ans dans la médecine traditionnelle orientale. Les bois des cerfs, pouvant atteindre un mètre de longueur, sont prélevés chaque année, sans douleur et sous contrôle vétérinaire, et sont ensuite séchés à froid, pasteurisés et mis en poudre. Selon M. Boulay, ce produit miracle possède de nombreuses vertus dont le ralentissement du processus de vieillissement. De plus, il active le métabolisme général, augmente la concentration mentale, diminue le stress et combat l’impuissance, dit-il. Sa compagnie, Canada Changmin Nutraceutique, est la seule à transformer les bois de cerfs au Québec. www.wapifor.com

 

L’usine de poissons fumés
des Frères Atkins, Mont-Louis

Les frères Atkins, James (photo) et Charles, ont adopté la Gaspésie il y a une quinzaine d’années et ont monté une entreprise dont le chiffre d’affaires annuel frôlent maintenant les deux millions de dollars. Il s’agit d’une usine de fumaison de produits marins, c’est à dire à peu près tout ce qui bouge dans la mer et le fleuve : saumon, truite, moules, crevettes, esturgeon, maquereau, rien que des produits frais. Ils sont les seuls aussi à fumer des pétoncles et à préparer un confit de calmar fumé. Bois d’érable, fumage à chaud, méthode gaspésienne traditionnelle, et fumage à froid. Destination plaisir….. disent-ils. Pour le grand bonheur des fins gourmets, leurs produits sont distribués à la grandeur du Québec. www.atkinsfreres.com

 

Le Gîte du Mont-Albert, Sainte-Anne-des-Monts

Le Gîte du Mont-Albert est un centre de villégiature de réputation internationale reconnu pour son hospitalité, sa fine cuisine et son décor montagnard à couper le souffle. Le Mont Albert fait partie des massifs Chic-Chocs et McGerrigle qui comprennent 25 sommets de plus de 1000 mètres dans la chaîne des Appalaches. Le Gîte, c’est une auberge, un pavillon et 25 chalets. Pendant plusieurs années, l’Institut du tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) opérait une école satellite à cet endroit et le chef actuel qui y officie depuis 26 ans, Yvano Tremblay, est un de ses diplômés.

 

Inventif et amateur de haute cuisine, Yvano favorise la cuisine du terroir gaspésien : les poissons et fruits de mer l’été et les viandes et le gibier le reste de l’année. La table d’hôte comprend cinq services et il y a également un menu gastronomique de huit couverts. On y retrouve, entre autres, crabe et crevettes, saumon fumé, filet de morue, médaillon de caribou et agneau gaspésien nourri aux algues. De purs délices!
www.parcsquebec.com

Tout au long de la semaine, la Gaspésie s’est révélée sous différentes facettes nous garantissant des souvenirs impérissables. Les fous de Bassan de l’Île Bonaventure, le centre culturel La vieille usine et le Magasin général historique et authentique de l’Anse-à-Beaufils, le Parc national du Canada Forillon, les Pêcheries Gaspésiennes de Rivière-au-Renard, le Parc national de la Gaspésie, le Musée de sciences naturelles au Parc national de Miguasha, la Baie des Chaleurs vue de Carleton-sur-Mer et des panoramas grandioses à découvrir et à revoir.

 

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