Texte : Pierre LUC
Photos : Gaétane Nadeau
La région de Saint-Louis-de-Blandford, dans la région des Bois-Francs, s’est autoproclamée la « Capitale nationale de la canneberge ». Avec motifs suffisants semble-t-il, puisque notamment, 90% de la récolte québécoise se fait sur ses terres.
Cette industrie, que nous découvrons d’une année à l’autre, est devenue la plus importante culture fruitière au Québec avec une valeur à la ferme que l’on s’attendait à voir dépasser les 35 millions$ en 2007, devançant les bleuets et les pommes !
L’année précédente, soit en 2006, près de 86 millions de livres de canneberge ont été ramassées par une quarantaine de nos producteurs.
À l’invitation de Tourisme Centre-du-Québec et de Québec du Sud, nous avons visité ce coin de pays de même que le Centre d’interprétation situé à Saint-Louis-de-Blandford, en bordure de la rivière Bécancour.
Au Centre d’interprétation
En opération du 21 septembre au 14 octobre, le Centre d’interprétation, installé sous chapiteau au centre du village, voisin de l’église reçoit annuellement près 10 000 visiteurs.
Une visite guidée et commentée, agrémentée de panneaux thématiques et objets ayant trait à la récolte de la canneberge, nous préparera à la tournée dans les champs.
Une équipe de résidents nous accueille et le guide commence à nous instruire… 
La canneberge fait partie de la famille des Éricacées. Elle pousse à l’état naturel sur les sols acides été pauvres des tourbières et des littoraux.
Cette plante dont la hauteur ne dépasse pas 30 cm porte des feuilles persistantes qui ne tomberont qu’une fois aux deux ans. Ses baies acidulées de développent sur les pousses verticales issues des tiges rampantes.
On lui prête des propriétés dites curatives.

Il existe plusieurs variétés de canneberges. Les producteurs les choisissent en fonction de leur taux de productivité. La Stevens est la plus populaire au Québec.
Le plan de canneberge peut vivre plus de cent ans. On dit que certains plans de la région de Cape Cod dans le Maine, ont plus de 150 ans.
Plusieurs noms désignent ce petit fruit acidulé cousin du bleuet. En plus du nom de canneberge et de Atoca ou Atoka (de l’Indien), on le connaît sous le noms de : Pomme des prés, Airelle et Pois de fagne et, en anglais, « cranberry ».
Une mer rouge éblouissante
Tous les ans, en octobre, des milliers de kilomètres carrés de champs sont inondés afin de procéder à la récolte de ce petit fruit rouge. Une récolte impressionnante à voir, puisqu’une fois que la canneberge a été détachée de son plan, elle flotte à la surface, créant littéralement une mer rouge éblouissante.
Précisons tout de suite, que la Canneberge ne pousse pas dans l’eau, mais sa production nécessite beaucoup d’eau.

En effet, la canneberge est cultivée dans des vastes bassins aménagés par l’homme, des bassins qui font en moyenne 5 acres ou environ 43 000 pieds carrés.
On doit abriter les champs d’une couche de glace pour la faire hiberner.
Pour la récolte à l’automne, ceux-ci sont inondés. Par la suite, une batteuse arpente ces bassins en secouant les plans qui libèrent ainsi leurs fruits. Ceux-ci remontent à la surface, formant d’immenses mares de couleur rouge. Ils sont ensuite poussés dans un coin par des souffleries, avant d’être ramassés.

Yum, yum
Une fois revenus de la visite aux champs, nous découvrons une foule de produits à base de canneberge : coulis, vinaigrettes, marinades, gelées, fruits confis, biscuits, gâteaux, sans oublier des canneberges fraîchement récoltés et des canneberges biologiques.

À déguster et à se procurer suite à une visite d’à peu près trois heures et pour laquelle nous suggérons vêtements chauds et attirail de pluie, car ne l’oublions pas, l’automne se montre le bout du nez.

Faits saillants et statistiques
- La canneberge et le bleuet nain sont deux petits fruits indigènes d’Amérique du Nord. Sous nos latitudes, on retrouve deux espèces de canneberge soit : Vaccinium Oxycoccus (petits fruits) et Vaccinium Macrocarpon (gros fruits). C’est cette dernière espèce qui est cultivée de façon commerciale.
- La canneberge était connue des Amérindiens longtemps avant l’arrivée des premiers colons. Elle ajoutait saveur et vitamines à leurs aliments, servait de cataplasme sur les blessures et comme teinture pour les vêtements.
- Au Québec, en 1939, M. Edgar Larocque fut le premier à se lancer dans cette culture, à Lemieux.
- Il faut attendre 1983 pour que M. Marc Bieler s’y intéresse à son tour et fonde ce qui deviendra la plus importante cannebergière au Canada, avec l0 à 15 millions de livres par année. C’est d’ailleurs sur ce site que le Centre d’interprétation a débuté ses activités en 1996.
- Aujourd’hui, nous retrouvons une quarantaine de producteurs au Québec, principalement dans la région de St-Louis-de-Blandford.
- Environ 70% de la production québécoise est achetée et transformée par trois entreprises de la région Centre-du-Québec.
- Près de 20 producteurs donnent accessibilité à leurs champs, nous avons brièvement visité la cannebergière de Jacques Boivin.
Centre d’interprétation de la canneberge,
80, rue Principale, C.P 140
Saint-Louis-de-Blandford (Québec) GOZ IBO
819,364.5112
Cic@gabskycom.com
Sortie 228 de l’autoroute 20- entre Drummondville et Québec
21 septembre au 14 octobre
Photo de la page couverture : magazine Québec du Sud
Les photos :
- Chapiteau du Centre d’interprétation
- La canneberge sera séparée de l’ivraie, avant de virer au rouge.
- Un guide averti, M. Yvon Nadeau
- Récolteuse au travail.
- M. Jacques Boivin dans ses bassins.
- Touristes en visite dans les champs
- Comptoir de différents produits de la canneberge.
- Fin de la récolte, on procède à la main.
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